Éclats de Niouzes

Glyphosate : Jérôme Despey dérape sur les Terrasses du Larzac
Le 27 février dernier, à l’occasion d’une conférence de presse au Salon de l’agriculture, Jean-Marie Barillère président du comité national des interprofessions des vins AOP (CNIV) annonçait qu’il relevait le défi de la sortie du glyphosate (lancé par Emmanuel Macron) pour faire du vignoble français « le premier vignoble sans glyphosate » du monde. Selon les propos de Jérôme Despey repris par l’AFP, « 20 à 30 % des 800 000 hectares de vignes en France seront dans l’impasse, notamment les vignobles situés dans des zones à fortes pentes où il est impossible de s’occuper du sol avec des machines, et où on est obligé d’utiliser des herbicides chimiques pour empêcher l’érosion des sols ». Nul ne sait si la suite des propos seront attribués au président du Conseil spécialisé Vin de l’organisme public FranceAgrimer, au secrétaire général de la FNSEA ou aux deux lorsque Jérôme Despey a pris, entre-autres, pour exemple l’Alsace avec ses vignes à flanc de vallon et… les Terrasses du Larzac au nord-ouest de Montpellier. Il a précisé que « si on n’utilise pas le glyphosate dans ces régions, la viticulture c’est terminé ». Afin de rassurer les nombreux amateurs de l’appellation de cette mauvaise pioche, les Terrasses du Larzac ont réagi le lendemain dans une dépêche publiée par l’AFP qui précise que, « non seulement l’AOC Terrasses du Larzac n’est pas menacée par une éventuelle interdiction du glyphosate, mais elle est bien au contraire en avance sur ce sujet ! A ce jour, près de 80 % des producteurs de l’AOC sont en bio, ce qui en fait une des appellations les plus en pointe en la matière ». Jérôme Despey, viticulteur à Saint-Geniès-des-Mourgues et réélu à la présidence de la chambre d’Agriculture de l’Hérault a démenti avoir tenu ces propos. Il est peut-être grand temps pour les élus professionnels de lever le voile sur le cumul des mandats et ses effets secondaires. En attendant, le Salon de l’agriculture offre cette remarquable opportunité de terrain d’expression pour élus cumulards qui n’observent jamais la trêve des confusions !

M. B