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Nombreux dégâts sur vigne et arbres fruitiers suite à la canicule
Des vignes ont été brûlées dans l’Hérault, le Gard, l’Aude, le Roussillon, les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse suite à l’épisode caniculaire du 28 juin. Cet épisode de canicule a provoqué également de nombreux dégâts sur arbres fruitiers. Des vignes ont complètement grillé et des vignerons ont même perdu jusqu’à 50% de leur production.

La grêle ampute la production d’abricots en Rhône-Alpes
L’orage du 15 juin dernier qui s’est abattu en Rhône-Alpes, venant d’Ardèche, qui a traversé la vallée du Rhône et le Nord de la Drôme en Est pour remonter par la vallée de l’Isère, a provoqué de gros dégâts (grêlons de très grosse taille), notamment dans les vergers d’abricotiers et de pêchers. L’AOP pêches et abricots de France annonce des pertes estimées à 13 000 tonnes d’abricots et 3 000 tonnes de pêches sur les 16 entreprises du collectif touchées. Dans cette zone de production d’abricots considérée comme une des plus importante en France, le potentiel détruit serait de près de 25 %, soit 16 % du potentiel national de l’AOP.

Prévisions européennes de récolte de pêches et nectarines à la hausse
C’est avec un volume d’un peu plus de 3 millions de tonnes que les quatre principaux pays producteurs européens ont abordé cette nouvelle campagne de pêches, pêches plates et nectarines. Une production européenne qui est en hausse de 10% par rapport à 2018 et de + 2% par rapport à la moyenne 2013/2017. L’Espagne (1,3Mt), l’Italie (1,2MT) et la France (210 000t) prévoient une hausse de leur récolte, respectivement de + 12 %, + 13 % et + 17% par rapport à la campagne 2018. Seule la Grèce a annoncé une prévision de récolte 2019 de pêches, pêches plates et nectarines légèrement en recul par rapport à l’année dernière, avec – 7% de volumes. Sur le segment des pêches plates, l’Espagne poursuit son développement avec une prévision supérieure de 12 % par rapport à 2018 et de + 18 % par rapport à la moyenne 2013/2017.

Il y aura moins de poires en Europe en 2019
La production européenne qui s’élevait à 2,370 millions de tonnes en 2018 sera moins importante cette année selon les sources communiquées à Interpera. Les premières prévisions pour la France annoncent 126 000 tonnes (-5,97 % par rapport à 2018 – 134 000 tonnes). La baisse concerne toutes les variétés. Le Portugal serait en légère hausse avec 162 000 tonnes (+2,4 %). Cependant ces prévisions pourraient être revues à la baisse pour arriver à un volume identique à 2018. L’Espagne et l’Italie n’ont pas encore établi de premières prévisions. Mais tout semble indiquer que la récolte devrait être en recul par rapport à 2018. L’Espagne (311 000 tonnes l’an dernier) a connu 11 épisodes de grêle sur ses régions de production, notamment en Catalogne. Les surfaces sont aussi en recul. Seule la région de Rioja annonce une production stable à 60 000 tonnes. L’Italie, 730 000 tonnes en 2018 (- 11 000 tonnes par rapport à la prévision) devrait aussi perdre des volumes car la tendance est à la baisse des surfaces. La Belgique n’est pas non plus en mesure de publier une estimation. Les Pays-Bas annoncent une prévision stable. Au final, il y aurait moins de poires en Europe en 2019. Pour l’hémisphère nord, les Etats-Unis annoncent aussi une production en recul : -8,3 % à 355 000 tonnes. En revanche, pour les pays de l’hémisphère sud (Argentine, Chili, Afrique du sud…) la récolte est annoncée en hausse de 2 % à 1,327 million de tonnes.
OM

Carnet : décès de Catherine Brunner

Une consoeur, une collaboratrice, une amie nous a quittée.
La journaliste Catherine Brunner est décédée le 25 mai dernier. Après un passage dans la presse agricole départementale (Vaucluse Agricole), elle deviendra correspondante pour le Sud-Est du groupe de presse ABC (Fld, Les Marchés, etc.). En 1998, elle contribua largement au lancement de Fld hebdo, une des seules à croire à ce projet, mettant au service des deux journalistes ‘Parisiens’ absolument ignorants de la filière fruits et légumes, son réseau, son très riche carnet d’adresses, sa connaissance du monde agricole et plus particulièrement celle de la filière fruits et légumes du Vaucluse et des Bouches du Rhône. C’est la marque des grands correspondants !

Elle fit aussi partie de l’aventure du Miffel à Cavaillon.

Catherine était une chasseuse de scoops. Elle mettait toujours son stylo là où ça fait mal, ce qui lui valut parfois quelques inimitiés, mais aussi la reconnaissance dans le métier, ce qui est la marque des professionnels.

Ces dernières années, elle avait fait un détour par la chasse (Le chasseur français, L’effort cynégétique du Vaucluse), par curiosité, et aussi parce-que la condition de pigiste était devenue difficile. Elle était devenue incollable sur la vie et les mœurs du singularis porcus en Camargue.

Parallèlement à ses activités dans la chasse, Catherine était devenue correspondante locale pour La Provence. Cela se passait bien, elle venait de se voir confier des secteurs supplémentaires. Catherine, qui préparait sa retraite, fonctionnait beaucoup à l’affect, au coup de cœur. Un coup de téléphone nous rapprochait de temps en temps pour « faire la palabre ».

Au-delà de la consoeur, c’est une amie qui nous manque déjà. « Il pleut et ça me met de mauvaise humeur », disait-elle. Nous avons l’humeur pluvieuse depuis qu’elle est partie.

OM & MB

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MedFEL sur les nouvelles routes de la soie
A la veille de l’ouverture de sa onzième édition, le rendez-vous d’affaires international de la filière fruits et légumes en France s’annonce plus que jamais comme un agitateur d’idées. L’évènement BtoB né en 2009 dans le sillage de la relance de l’Union pour la Méditerranée initiée par Nicolas Sarkozy a su cultiver et entretenir son rayonnement autour du bassin méditerranéen. Le MedFEL a forgé son identité en imposant sa marque de rendez-vous d’affaires avec les entreprises de la filière fruits et légumes de la rive nord et de la rive sud de la Méditerranée. Chaque édition reçoit de nombreux acheteurs intéressés par les solutions technologiques présentées et par les rencontres des 200 exposants de l’événement qui génèrent plus de 3 500 rendez-vous BtoB. La plupart des acheteurs sont également concernés par l’offre bio présentée. Si les plus grosses délégations viennent d’Europe, tous les continents sont cependant présents, notamment l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Amérique du Sud, pour un total de 44 nationalités différentes d’acheteurs. Le challenge Fel’Innov qui place l’innovation au cœur de la filière fruits et légumes et favorise la rencontre entre l’offre de solutions innovantes et la demande a reçu de nombreux candidats cette année.
Côté débats, les super fruits et les fruits du futur sont inscrits au programme de cette nouvelle édition qui fera également un point d’étape sur les premiers pas des fruits et légumes vers la haute valeur environnementale. Les prévisions de récolte de pêches et abricots et l’anticipation des récoltes de pomme de terre seront de la partie. Quant aux prévisions melon, elles devraient s’étendre au Sénégal.
Fidèle à ses débats géopolitiques, MedFEL fera un gros plan sur l’Afrique où l’agriculture est en plein développement sur l’ensemble de ce continent. Enfin, des experts viendront débattre sur les dimensions agricoles des nouvelles routes de la soie, et sur leurs impacts pour la Méditerranée et les fruits et légumes.

Sébastien Abis : « La Chine et les États-Unis n’ont aucune envie que l’Europe monte en puissance »
« Nous avons cru que le XXIe siècle serait immatériel mais au contraire il est celui de l’alimentation », a expliqué Sébastien Abis, directeur du Club Déméter le 28 mars dernier au congrès de Négoce Pyrénées Méditerranée à Castelnau-le-Lez « Le sujet, c’est celui de l’alimentation dans le monde, avec une urbanisation qui progresse partout. » De plus en plus de monde s’installe dans les campagnes. « La population augmente en Asie et en Afrique. La classe moyenne est devenue dominante. Partout sur la planète, on va vers une demande alimentaire pour plus de quantité et de qualité. En miroir, il y a les changements climatiques qui ont une résonnance de plus en plus forte au cours des saisons. Les ruptures de production s’amplifient, la sécheresse pénalise le développement alimentaire. Alors même qu’il s’agit d’augmenter les rendements pour être au rendez-vous des marchés internationaux. » Géopolitiquement, l’Afrique est incontournable. Elle doit connaître toutes les révolutions d’un coup : révolution verte, démographique et numérique. « Des terres arables sont disponibles en Afrique mais souvent dans des régions qui ne sont pas en paix. La question politique est donc prédominante. » Quant à la Chine, elle a relancé les routes de la soie en 2013. Des investissements ont été faits dans les secteurs qui comptent. Il s’agit d’une sino-mondialisation. Cette orientation date de l’entrée de la Chine à l’OMC, le 11 décembre 2001. Et son décollage est explosif depuis une décennie. La Chine est comme les États-Unis, elle questionne les Européens sur la mondialisation et la place de chacun et elle n’a aucune envie que l’Europe monte en puissance. »

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Phytosanitaires : le Gouvernement veut réduire leur utilisation de moitié d’ici 2025 et sortir du glyphosate pour une majorité d’usages d’ici fin 2020
Le comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) du plan national de réduction des produits phytosanitaires a été officiellement mis en place par le Gouvernement le 10 avril. Ce premier Comité de lancement a permis au gouvernement de ré-affirmer, au travers du nouveau plan Ecophyto II+, sa volonté ferme d’atteindre les objectifs de réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques de moitié d’ici à 2025 et de sortie du glyphosate pour une majorité des usages d’ici fin 2020. La coordination et le suivi opérationnel du plan sont renforcés avec la création d’une « task force » engageant les acteurs publics et privés engagés en faveur de la réduction des usages de produits phytosanitaires. La transparence sur les moyens financiers alloués à la réduction des produits phytosanitaires sera accrue. Les moyens consacrés à la recherche sont renforcés. Ce comité a permis de faire le point plus spécifiquement sur la sortie du glyphosate. Un centre de ressources présentant aux agriculteurs des alternatives au glyphosate est opérationnel depuis février. Une enquête flash sera lancée d’ici l’été à l’attention des agriculteurs pour mieux connaître les pratiques de désherbage et mesurer l’évolution des pratiques. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), avec l’appui de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), conduit actuellement une évaluation comparative des produits à base de glyphosate ; les usages du glyphosate pour lesquels des alternatives efficaces, présentant un risque moindre et économiquement supportables existent, seront progressivement interdits. Le dialogue avec les premières filières concernées débutera avant l’été 2019. Le Gouvernement a confirmé son engagement à travailler au développement des alternatives et à la protection de la santé humaine et de la biodiversité. Enfin, la France porte de manière proactive cette transition agro-écologique au niveau européen pour éviter toute distorsion de concurrence et assurer une sécurité maximale du consommateur quelle que soit l’origine des produits.

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Démobilisation des exploitants aux élections des chambres d’agriculture
La FNSEA-JA conserve la majorité des chambres d’agriculture. Le paysage syndical reste sensiblement le même, mais avec 46,52 %, ces nouvelles élections ont enregistré un taux de participation historiquement faible.
En attendant, le bilan est positif pour la paire FNSEA-JA qui garde une très large majorité dans la plupart des départements. Elle reprend le Calvados à la Coordination rurale et le Puy-de-Dôme à l’union Coordination rurale-Confédération paysanne. De son côté, la Coordination rurale gagne deux départements avec la Vienne et la Haute-Vienne, et elle conserve le Lot-et-Garonne. Quant à la Confédération paysanne, elle a conquis la Loire-Atlantique et Mayotte. Enfin, la liste d’union Modef -JA a gagné la Guadeloupe et les JA remportent en solo la Haute-Garonne. De fait, la paire FNSEA-JA maintien sa majorité absolue, avec 55,8 % (55,57 % en 2013). De son côté, la Coordination rurale, avec environ 21,5 % des voix, contre 21,12 % en 2013 reste en deuxième position. Quant à la Confédération paysanne (19,5 %) et le Modef (2 %), ils ne progressent pas.

40 départements sous la barre des 46,52 %
Mais le fait marquant de ces élections 2019, c’est la faible mobilisation enregistrée. Et ce ne sont pas moins de 40 départements qui sont sous la barre des 46,52 % de taux de participation. Dans le trio des mauvais élèves, les taux de participation les plus faibles ont été attribués à la Gironde (28,65 %), à la Charente-Maritime (32,14 %) et aux Bouches-du-Rhône (34,74 %), dont le président sortant de la chambre départementale, C. Rossignol est également président de la Chambre régionale de PACA… Avec 41,36 % de taux de participation dans son département du Vaucluse, André Bernard, 1er vice-président de la Chambre régionale de PACA et président de la Chambre départementale ne fait guère mieux. En Occitanie, le Gard (37,85 %) et l’Hérault (38,59 %) qui est le bastion de Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA et président de la Chambre départementale, enregistrent des taux de participation très bas. C’est également le cas en Maine-et-Loire, ou le fief de la présidente de la FNSEA Christiane Lambert comptabilise un petit 39,18 % de taux de participation. Dans la liste des départements sous la barre des 46,52 % de participation se trouvent entre autres le Morbihan, la Vienne, l’Ille-et-Vilaine, le Vaucluse, les Côtes d’Armor, l’Aube, le Cher, le Rhône, l’Aude, la Vendée, etc.

La question de la légitimité des syndicats agricoles
Avec un paysage syndical agricole qui n’a donc pas beaucoup changé, parmi les 26 membres du bureau de la FNSEA (membres de droit et invités), 12 d’entre eux sont désormais issus de ces départements qui ont enregistré des scores de participation très inférieurs à la moyenne nationale. Emmanuel Macron, qui a connu cette situation avec un taux d’abstention record pour le second tour du scrutin de l’élection présidentielle de 2017, n’aura eu aucun scrupule à annoncer aux représentants du syndicat majoritaire qu’il a reçu le 11 février dernier qu’ils sont des interlocuteurs dont il tient compte… Quoi qu’il en soit, en ces temps de crise politique et agricole, ce faible taux de participation aux élections devra alimenter le débat, pas forcément le Grand, sur la légitimité des organisations syndicales agricoles, l’état du dialogue social, et pourquoi pas l’évolution à donner à l’institution des chambres d’agriculture.