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Édito

Les batailles de l’opinion publique se jouent sur les réseaux sociaux, et le monde politique en sait quelque chose. Afin de contrer la communauté des influenceurs, blogueurs et autres instagrameurs qui sévissent sur la toile et font l’apologie de l’agribashing, des agriculteurs de Bourgogne-Franche-Comté excédés du dénigrement dont ils font l’objet ont créé #Agriloving, un nouveau mouvement du monde agricole français sur les réseaux sociaux. « Il faut que les agriculteurs disent aussi ce qui va bien. Je vous le dis les amis, faites votre promotion ! », lançait Didier Guillaume au président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault et à sa suite, à l’occasion de sa visite dans ce département le 3 février dernier. Le ministre de l’Agriculture, qui annonçait le 25 janvier son souhait d’être tête de liste aux municipales de Biarritz et qui était de retour rue de Varenne cinq jours plus tard, n’a pas eu besoin ce jour-là de jouer les bretteurs avec ses hôtes héraultais extatiques. Les blogueurs d’#Agriloving, eux, n’ont pas attendu qu’on leur dise que le temps d’oser défendre l’agriculture était venu. Dans le registre de la réduction des produits phytosanitaires, le Contrat de solutions créé en 2017 par une quarantaine d’organisations agricoles pour répondre au défi de la transition agro-écologique fait son chemin. Mais selon Emmanuelle Wargon, la secrétaire d’État à la Transition écologique : « Il faut rendre sa trajectoire crédible pour prétendre réconcilier la société avec son agriculture. » Il est vrai que le monde politique est un grand modèle de crédibilité.

Avec son slogan « l’agriculture vous tend les bras », l’édition 2020 du salon de l’Agriculture s’est déroulée dans un climat plutôt positif, même si elle a fermé ses portes un jour plus tôt pour cause de coronavirus. Elle a suscité des vocations chez un groupe de presse agricole qui a lancé à cette occasion sa plateforme vidéo dédiée au monde de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Ce groupe de presse s’est attribué la mission de « nourrir la performance » des professionnels de l’agriculture et de l’agroalimentaire en leur commercialisant des informations dites à haute valeur ajoutée ! Et nous celle d’adopter la posture du plus célèbre Roi de France qui, délivré de la tutelle de Mazarin à la mort de ce dernier, s’adressait à ses ministres et secrétaires d’État en leur disant : « Vous m’aiderez de vos conseils quand je vous les demanderai. »

M. B