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Édito

Le 7 mars dernier, le locataire de l’Élysée a dit vouloir relever les quotas d’abattage de loups lorsque le seuil de 500 individus serait atteint. Le 28 mars, Canis lupus a dû avoir le moral en berne quand le ministre de l’Agriculture a annoncé au congrès du syndicat majoritaire à Nancy que la présence de plus de 500 loups sur le territoire français (qui est confirmée) pourrait faire évoluer le niveau de protection dont il bénéficie en tant qu’espèce menacée dans le cadre de la Convention de Berne. Avec la création de l’Office français de la biodiversité et de la chasse, né du mariage entre l’Agence française pour la biodiversité et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage et dont l’une des missions sera la promotion de la… chasse durable, le sort du loup, mais pas que, devrait être réglé dans les mois qui viennent. Nul ne sait si le ministre de l’Agriculture s’est fixé une « deadline » pour dénoncer la protection dont bénéficie le prédateur dans le cadre de la Convention de Berne. Cependant, Didier Guillaume devra bien admettre que la Convention sur la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe n’est pas assortie d’une mesure interdisant la libre circulation de la faune sauvage dans l’espace Schengen.

A moins qu’il ne bénéficie d’un sursis sous la forme d’un report, le loup pourrait donc sortir du paysage rural français sans que sa présence au sein de l’UE soit remise en cause. Que les britanniques se rassurent, on n’a jamais vu un loup traverser la Manche à la nage.