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MedFEL sur les nouvelles routes de la soie
A la veille de l’ouverture de sa onzième édition, le rendez-vous d’affaires international de la filière fruits et légumes en France s’annonce plus que jamais comme un agitateur d’idées. L’évènement BtoB né en 2009 dans le sillage de la relance de l’Union pour la Méditerranée initiée par Nicolas Sarkozy a su cultiver et entretenir son rayonnement autour du bassin méditerranéen. Le MedFEL a forgé son identité en imposant sa marque de rendez-vous d’affaires avec les entreprises de la filière fruits et légumes de la rive nord et de la rive sud de la Méditerranée. Chaque édition reçoit de nombreux acheteurs intéressés par les solutions technologiques présentées et par les rencontres des 200 exposants de l’événement qui génèrent plus de 3 500 rendez-vous BtoB. La plupart des acheteurs sont également concernés par l’offre bio présentée. Si les plus grosses délégations viennent d’Europe, tous les continents sont cependant présents, notamment l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Amérique du Sud, pour un total de 44 nationalités différentes d’acheteurs. Le challenge Fel’Innov qui place l’innovation au cœur de la filière fruits et légumes et favorise la rencontre entre l’offre de solutions innovantes et la demande a reçu de nombreux candidats cette année.
Côté débats, les super fruits et les fruits du futur sont inscrits au programme de cette nouvelle édition qui fera également un point d’étape sur les premiers pas des fruits et légumes vers la haute valeur environnementale. Les prévisions de récolte de pêches et abricots et l’anticipation des récoltes de pomme de terre seront de la partie. Quant aux prévisions melon, elles devraient s’étendre au Sénégal.
Fidèle à ses débats géopolitiques, MedFEL fera un gros plan sur l’Afrique où l’agriculture est en plein développement sur l’ensemble de ce continent. Enfin, des experts viendront débattre sur les dimensions agricoles des nouvelles routes de la soie, et sur leurs impacts pour la Méditerranée et les fruits et légumes.

Sébastien Abis : « La Chine et les États-Unis n’ont aucune envie que l’Europe monte en puissance »
« Nous avons cru que le XXIe siècle serait immatériel mais au contraire il est celui de l’alimentation », a expliqué Sébastien Abis, directeur du Club Déméter le 28 mars dernier au congrès de Négoce Pyrénées Méditerranée à Castelnau-le-Lez « Le sujet, c’est celui de l’alimentation dans le monde, avec une urbanisation qui progresse partout. » De plus en plus de monde s’installe dans les campagnes. « La population augmente en Asie et en Afrique. La classe moyenne est devenue dominante. Partout sur la planète, on va vers une demande alimentaire pour plus de quantité et de qualité. En miroir, il y a les changements climatiques qui ont une résonnance de plus en plus forte au cours des saisons. Les ruptures de production s’amplifient, la sécheresse pénalise le développement alimentaire. Alors même qu’il s’agit d’augmenter les rendements pour être au rendez-vous des marchés internationaux. » Géopolitiquement, l’Afrique est incontournable. Elle doit connaître toutes les révolutions d’un coup : révolution verte, démographique et numérique. « Des terres arables sont disponibles en Afrique mais souvent dans des régions qui ne sont pas en paix. La question politique est donc prédominante. » Quant à la Chine, elle a relancé les routes de la soie en 2013. Des investissements ont été faits dans les secteurs qui comptent. Il s’agit d’une sino-mondialisation. Cette orientation date de l’entrée de la Chine à l’OMC, le 11 décembre 2001. Et son décollage est explosif depuis une décennie. La Chine est comme les États-Unis, elle questionne les Européens sur la mondialisation et la place de chacun et elle n’a aucune envie que l’Europe monte en puissance. »