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Édito

L’affaire des sachets de haricots verts surgelés contaminés au datura est arrivée à point nommé pour rappeler les défis techniques que l’agriculture doit relever avec le plan de sortie du glyphosate. Elle pose en tous les cas la question des alternatives au retrait des herbicides de synthèse qui permettent de contrôler les plantes adventices des cultures, notamment le datura qui produit de puissants alcaloïdes toxiques pour l’homme et les animaux, et qui sévit dans le maïs, le soja, le tournesol et le sorgho, mais également dans les pommes de terre et les betteraves. Cette alerte n’est pas sans rappeler le lointain épisode des danseurs fous de Strasbourg dit danse de Saint Guy relaté en 1518. Cette épidémie de danse fut attribuée, à l’époque, à la consommation de farine de seigle contaminée par l’ergot, ce champignon parasite qui contient des alcaloïdes dont est dérivé le LSD, classé dans les drogues hallucinogènes et censées accroître la performance et la créativité. En matière de créativité, si rien ne justifie de décerner une médaille au glyphosate pour services rendus à l’agriculture, le débat sur les herbicides et leur implication dans les mesures de prévention pour lutter contre la contamination des cultures par des plantes adventices toxiques n’aura de sens que s’il n’est pas réduit au discours simplifié de l’application du principe de précaution. Contre toute attente, la Commission a fixé la date de sortie de l’herbicide de Monsanto au 15 décembre 2022. Le gouvernement français parle de sa sortie pour une majorité d’usages d’ici fin 2020. Les divergences au sein de l’UE ont la dent dure. Comme disait Albert Einstein, « un problème sans solution est un problème mal posé ». Cela vaut pour le glyphosate, mais aussi pour le Brexit. Ainsi, la crainte du « no deal » a débouché sur un report flexible de la sortie du Royaume-Uni de l’UE fixé au plus tard au 31 octobre. « Tout seul je promène mon âme en peine », dit la chanson. Il est peu probable que la locataire du 10 Downing Street passe un joli mois de May dans l’enceinte du Parlement britannique.