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Édito

La France vit à l’heure du Grand débat et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela ressemble parfois à un Grand déballage. Dans sa discussion avec les Français à Bourg-de-Péage dans la Drôme le 24 janvier dernier, Emmanuel Macron a annoncé à propos du glyphosate « qu’il est pour qu’on en sorte, avec les bonnes alternatives, et qu’on ne peut pas dire qu’il n’y en aura plus dans trois ans car s’il disait ça, il tue certaines filières ». Selon le principe de non-contradiction attribué à Aristote, les hommes ne se contredisent pas dans leurs pensées, tout simplement parce qu’ils ne peuvent pas donner leur consentement en même temps à deux thèses opposées.
En s’invitant au débat citoyen de son Nouveau monde, Emmanuel Macron semble avoir retrouvé les sensations qui firent de lui le brillant candidat à la dernière présidentielle. Cependant, le rôle du débatteur local n’est pas dévolu au chef de l’État même s’il excelle dans l’art de retrousser ses manches de chemise. Que l’on puisse penser que la démocratie d’un pays s’exprime par la capacité de ses citoyens de dominer leur destin n’est pas faux. Mais à trop vouloir consulter, sonder et agiter la carotte du référendum, alors même que d’autres parlent déjà de référendum d’initiative partagée, Emmanuel Macron va finir par penser qu’il y a quelque chose de pourri dans le royaume de France.

M. B