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Démobilisation des exploitants aux élections des chambres d’agriculture
La FNSEA-JA conserve la majorité des chambres d’agriculture. Le paysage syndical reste sensiblement le même, mais avec 46,52 %, ces nouvelles élections ont enregistré un taux de participation historiquement faible.
En attendant, le bilan est positif pour la paire FNSEA-JA qui garde une très large majorité dans la plupart des départements. Elle reprend le Calvados à la Coordination rurale et le Puy-de-Dôme à l’union Coordination rurale-Confédération paysanne. De son côté, la Coordination rurale gagne deux départements avec la Vienne et la Haute-Vienne, et elle conserve le Lot-et-Garonne. Quant à la Confédération paysanne, elle a conquis la Loire-Atlantique et Mayotte. Enfin, la liste d’union Modef -JA a gagné la Guadeloupe et les JA remportent en solo la Haute-Garonne. De fait, la paire FNSEA-JA maintien sa majorité absolue, avec 55,8 % (55,57 % en 2013). De son côté, la Coordination rurale, avec environ 21,5 % des voix, contre 21,12 % en 2013 reste en deuxième position. Quant à la Confédération paysanne (19,5 %) et le Modef (2 %), ils ne progressent pas.

40 départements sous la barre des 46,52 %
Mais le fait marquant de ces élections 2019, c’est la faible mobilisation enregistrée. Et ce ne sont pas moins de 40 départements qui sont sous la barre des 46,52 % de taux de participation. Dans le trio des mauvais élèves, les taux de participation les plus faibles ont été attribués à la Gironde (28,65 %), à la Charente-Maritime (32,14 %) et aux Bouches-du-Rhône (34,74 %), dont le président sortant de la chambre départementale, C. Rossignol est également président de la Chambre régionale de PACA… Avec 41,36 % de taux de participation dans son département du Vaucluse, André Bernard, 1er vice-président de la Chambre régionale de PACA et président de la Chambre départementale ne fait guère mieux. En Occitanie, le Gard (37,85 %) et l’Hérault (38,59 %) qui est le bastion de Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA et président de la Chambre départementale, enregistrent des taux de participation très bas. C’est également le cas en Maine-et-Loire, ou le fief de la présidente de la FNSEA Christiane Lambert comptabilise un petit 39,18 % de taux de participation. Dans la liste des départements sous la barre des 46,52 % de participation se trouvent entre autres le Morbihan, la Vienne, l’Ille-et-Vilaine, le Vaucluse, les Côtes d’Armor, l’Aube, le Cher, le Rhône, l’Aude, la Vendée, etc.

La question de la légitimité des syndicats agricoles
Avec un paysage syndical agricole qui n’a donc pas beaucoup changé, parmi les 26 membres du bureau de la FNSEA (membres de droit et invités), 12 d’entre eux sont désormais issus de ces départements qui ont enregistré des scores de participation très inférieurs à la moyenne nationale. Emmanuel Macron, qui a connu cette situation avec un taux d’abstention record pour le second tour du scrutin de l’élection présidentielle de 2017, n’aura eu aucun scrupule à annoncer aux représentants du syndicat majoritaire qu’il a reçu le 11 février dernier qu’ils sont des interlocuteurs dont il tient compte… Quoi qu’il en soit, en ces temps de crise politique et agricole, ce faible taux de participation aux élections devra alimenter le débat, pas forcément le Grand, sur la légitimité des organisations syndicales agricoles, l’état du dialogue social, et pourquoi pas l’évolution à donner à l’institution des chambres d’agriculture.