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Édito

Nous vivons une drôle d’époque, façonnée par des évènements relayés par une information dont la diffusion s’est démultipliée depuis l’arrivée d’internet et sa légion de médias sociaux. Avec ces médias dits « émergents » qui se sont immiscés dans les sphères privées et les sphères publiques, ils ne sont pas toujours à la fête les citoyens de la République. Les réseaux sociaux s’en sont donnés à cœur joie à l’occasion de la démission du ministre de la Transition écologique, mais aussi lors du feuilleton du remaniement ministériel qui a trainé en longueur après la démission du ministre de l’Intérieur. Ce remaniement qui a vu le plafond des couloirs de Matignon s’abattre sur les têtes des ministres en position de surenchères dans les paris joués sur le maintien ou non dans leur fonction a été fait pour maintenir le cap d’une politique, « qui va bénéficier à ceux qui font tourner le pays, » si l’on en croit les déclarations du ministre des Comptes publics. Mais depuis que l’Assemblée nationale a adopté le projet de budget 2019 pour l’agriculture de 4,7 milliards, en baisse de 10% par rapport à celui de l’année dernière, le gouvernement aura bien du mal, malgré ses tours de passe-passe, à faire croire qu’il considère l’agriculture comme un secteur qui fait tourner le pays. Et l’arrivée d’un nouveau locataire à l’hôtel de Villeroy rue de Varenne, ne devrait pas changer grand-chose, car le nouveau ministre de l’Agriculture « est là pour appliquer le programme du président ».

Quant au syndicat majoritaire qui a été la première organisation à le rencontrer, « il a jugé positifs les premiers échanges qu’il a eus avec un homme au fait des dossiers agricoles et déterminé à défendre l’agriculture française. » Cependant, nul ne sait si celui qui affirme être celui qui interdira le glyphosate en 2020 leur a soufflé à l’oreille que c’est à la science et aux scientifiques de faire la preuve ou non qu’il y ait des conséquences à l’usage des tweets ou pas.