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Édito

C’est la rentrée pour les ongulés ravageurs des cultures. L’année dernière, 700 000 prélèvements de sangliers ont été réalisés sur le territoire français. C’est sept fois plus qu’au début des années 90, selon le Réseau Ongulés de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage qui explique ce phénomène par l’augmentation de la population de sangliers depuis 30 ans, tenue responsable de la grande majorité des dégâts occasionnés par la faune sauvage sur les exploitations agricoles. Parmi les propositions faites pour endiguer les dégâts aux cultures imputés à singularis porcus, le syndicat agricole majoritaire avait coché dans sa liste un accès plus facile au permis de chasser. C’est en partie chose faite avec la réforme du permis de chasse délivrée par Emmanuel Macron, qui sans s’y méprendre, a des relents de manœuvre électorale à l’approche des élections européennes.
Concernant les prédateurs d’ovins, l’introduction de deux ourses en Béarn a ravivé le débat sur l’incompatibilité de l’ursus arctos arctos avec le pastoralisme. Le 27 mars dernier, Nicolas Hulot déclarait sur Twitter : « nous ne pouvons pas nous résoudre à voir disparaitre l’ours brun des Pyrénées, sous nos yeux. » Le futur ex ministre de la Transition écologique et solidaire ne croyait pas si bien dire lorsqu’il ajoutait le jour même : « je ne veux pas être le ministre qui assiste à la disparition de cette lignée. »
Enfin, les phytosanitaires ont fait de cette rentrée une véritable sortie avec les néonicotinoïdes qui sont désormais interdits en France depuis le 1er septembre. La majorité des observateurs attribue cette interdiction à Nicolas Hulot, quand d’autres assurent que c’est la loi sur la biodiversité de 2016, votée sous le quinquennat Hollande, qui a eu raison des néonicotinoïdes dits « tueurs d’abeilles ». Dans ce dossier qui laisse des usages vides sur de nombreuses cultures, et qui ne fera pas beaucoup d’«happyculteurs », la France aura une fois de plus montré sa déterminante obsession à vouloir laver plus blanc que les autres en devançant l’UE, même si elle annonce qu’il y aura des dérogations au cas par cas, jusqu’au 1er juillet 2020. En quittant son perchoir, Monsieur de Rugy a-t-il songé à mesurer la distance qu’il lui faudra garder avec son environnement politique fait de drôles d’oiseaux qui jasent et qui n’ignorent pas l’oiseleur ?

M. B