Accueil À la une Un débat de « travers » pour le glyphosate

Un débat de « travers » pour le glyphosate

La loi agriculture et alimentation a créé des frictions au sein de « l’environnement » d’En Marche en cette fin de mois de mai. Avec plus de 2 600 amendements examinés dans l’Hémicycle de l’Assemblée nationale, les députés ont adopté l’essentiel proposé par la loi s’agissant de l’encadrement des promotions, la majoration de 10 % du seuil de revente à perte pour les produits alimentaires et enfin, le développement du bio dans la restauration collective. Voté le 26 mai, l’article qui vise l’objectif d’au moins 50 % de produits bio (ou qui préservent l’environnement) en restauration collective à l’échéance 2022 est une ambition de l’exécutif. Reste à savoir comment des structures comme les hôpitaux publics et les cantines scolaires dont on sait qu’elles n’ont pas de grandes marges de manœuvres budgétaires, feront pour surmonter les difficultés liées au coût et à l’approvisionnement en produits bio. Les députés ont également voté pour le renforcement de l’étiquetage de certaines denrées alimentaires, contre l’avis du gouvernement. Ainsi, le « fameux » amendement prévoyant de faire figurer des mentions comme « le nombre de traitements par des produits phytosanitaires sur les fruits et légumes frais », « nourri aux OGM », défendu par la députée marcheuse Barbara Pompili devrait entrer en vigueur à partir de 2023, mais il faudra attendre les décrets.

Enfin, le débat pour l’interdiction du glyphosate n’a pas vraiment eu lieu car le match opposant Stéphane Travert à Nicolas Hulot a rapidement tourné à l’avantage du ministre de l’Agriculture qui s’est défendu en expliquant que l’interdiction du glyphosate n’a jamais été inscrite dans le projet de loi. Les « verts » pourront se consoler avec la « promesse » d’Emmanuel Macron sur la sortie de l’herbicide d’ici à 2021. Cependant, faut-il rappeler que l’Organisation mondiale de la santé a classé le glyphosate dans la catégorie des cancérogènes probables alors que l’Agence européenne pour la sécurité des aliments l’a jugé « probablement non cancérogène » et que l’Union européenne a renouvelé la licence de l’herbicide pour cinq ans en novembre de l’année dernière ? Au royaume du probable, tout est possible…

En attendant, le ministre de la Transition écologique et solidaire devra continuer à « marcher à l’ombre » du dossier du pesticide de Monsanto, s’il décide de céder aux tentatives de manœuvres d’Emmanuel Macron visant à le conserver au sein du gouvernement.

M. B